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sa biographie, en bref

Si vous vous dites que cette page n’est plus d’actualité, notamment parce que Roby Seidel nous a quitté le 3 janvier dernier, sachez qu’elle est en réalité un parti pris. En effet, Roby a donné une couleur particulière à notre big band à laquelle nous tenons beaucoup. Si présent parmi nous malgré son départ, nous choisissons donc ici de vous le présenter comme nous avons eu l’habitude de le faire, dans toute sa complexité et sous deux aspects qui nous ont particulièrement touchés.

Ainsi, le premier angle témoigne de la vie extrêmement riche de ce personnage hors du commun qui nous a fait l’honneur de diriger pendant une bonne dizaine d’années notre groupe d’amateurs. Sans prétendre à l’exhaustivité, impossible à atteindre pour un homme de cette envergure, voici quelques éléments-clés de sa biographie d’artiste. Né à une date que nous tairons (ce sujet était délicat), Roby Seidel commença par prendre des cours de solfège, de violon, de cornet à piston puis de saxophone au conservatoire de Genève. Instituteur de 1965 à 1976, son goût pour la musique le poussa cependant à quitter son métier premier (enfin presque puisqu’il continua à donner des cours de musique dans les écoles genevoises, pour les futurs enseignants ainsi qu’à l’École de Jazz et de Musique Actuelle de Lausanne) pour se consacrer pleinement à sa passion. Roby travailla douze ans durant au sein de l’orchestre de la Radio Suisse Romande. Il composa et écrivit également de nombreux arrangements pour la radio et la télévision à Genève, Bruxelles et Zurich ; représenta la Suisse en 1980 pour le concert organisé par l’Union Européenne de Radiodiffusion ; et dirigea en 1992 le grand orchestre de la télévision suédoise pour le concours Eurovision de la chanson à Malmö. Constamment sollicité pour des interventions ponctuelles, Roby Seidel n’en décida pas moins de diriger son propre big band pendant quelques dizaines d’années, de reprendre la direction du Georgiam’s Big Band (en 1989) et du Big Band de Lausanne, ensemble qu’il dirigea par ailleurs encore périodiquement pour des événements tels que la nouvelle création des « musiques sacrées » de Duke Ellington à la cathédrale de Lugano en 1998 (enregistrement paru chez TCB). Non content d’un emploi du temps déjà digne d’un ministre, Roby travailla également comme arrangeur pour la Revue de Genève, au Casino du Théâtre. Il composa également tous les arrangements musicaux des spectacles de Marie-Thérèse Porchet, alias Joseph Gorgoni.

Le deuxième point porte sur notre expérience à nous, tous autant amateurs les uns que les autres, et pourtant sous la direction de Monsieur Roby Seidel. Si nous pouvons tous affirmer que son côté exigeant a contribué à ce que chacun d’entre nous s’améliore à son contact, nous devons également souligner la bienveillance dont il faisait preuve à l’égard de chaque musicien. En effet, il savait ce qu’il pouvait attendre d’un tel et non d’un autre. Il pouvait relever, toujours avec humour, le couac rarissime d’un excellent musicien mais savait taire les plus nombreux canards d’un instrumentiste moins performant. Il écrivait chaque arrangement en fonction des membres du big band, facilitant la lecture pour les uns, simplifiant les traits techniques pour d’autres ou au contraire, corsant l’affaire pour les plus avertis d’entre nous. Capable de transposer à l’oreille n’importe quel passage problématique de nos morceaux, il prenait toujours le temps et la peine de les jouer avec nous, au besoin registre par registre, ou encore de nous conseiller un doigté plus facile. En bref, son côté pédagogue permettait (la plupart du temps) de nous donner à tous l’impression que nous avions réussi, que nous pouvions bien jouer. Pour le reste, entre autres son sens de l’humour, de la répartie, ses contrepèteries et parfois ses propos un tantinet « intellos » (pardon Roby), il fallait le rencontrer, en chair et en os, LE Roby Seidel, pour découvrir son incroyable personnalité !